pourquoi tant d'incompréhension autour de cette maladie.
je voudrais me plier sur moi-même et ne plus exister aux yeux des autres, jusqu'à ce que je sois guérie. j'ai le ventre plein, il est gros depuis deux semaines, ça me désespère, le soir, je m'en arracherais les cheveux. pour éviter ça, je ne le regarde plus, c'est la seule "parade" que j'ai trouvée. j'ai pris
2 kilos en deux semaines. je n'avais pas réatteind ce poids sur la balance
depuis 1 an;
le choc. mais j'essaie de ne pas y penser,
il ne faut pas. mais parfois, ça remonte comme ça, et là, c'est
l'envie de crier, de crier.
j'ai l'impresion en cours que tous les élèves ne regardent plus que mon ventre énorme. je marche la tête baissée. j'ai vraiment cette impression que tout le monde focalise dessus. c'est dingue.ce soir,
grosse dispute avec ma mère.
souffrance, surtout à cause de ce que j'ai écrit ci-avant.
j'arrive à table. et merde, de la semoule, j'ai mangé des pâtes ce midi, je grossis trop, alors, pitié, pas de semoule. je commence à prendre une tomate; et elle m'interpelle :
"- tu vas manger de la semoule quand même ?
- non, j'ai mal au ventre
- bah, justement, prend de la semoule.
- non."
je commence à éplucher ma tomate; elle continue :
"- il faut que tu te nourisses plus quand même. prend du pain.
- d'accord, mais arrête de ma dire ça, je suis trop grosse.
- ah oui, j'ai vue ça hier, tu as encore perdu du poids."
(mais quelle idiote, d'une, j'ai pris 2 kilos, putain, c'est énorme et ça fait super mal; de deux : ça fait un an que je n'ai pas perdu de poids, débile ! (c'est ce que je pensais sur le moment))
moi :
"- mais arrête, je te dis, j'ai grossi, je suis grosse, j'ai pris deux kilos !"
je quitte la table; je vais dans l'escalier; elle m'appelle :
"- L.., reviens à table, c'est l'heure du repas.
- mais tu te fous de ma gueule ! (je suis vulgaire parfois)
- reviens à table je t'ai dit.
- mais arrête ! tu m'énerves.
- c'est l'heure de manger, alors viens là !
- mais alors arrête de me parler, laisse moi tranquille, ne me dis pas ce que je dois manger, laisse moi tranquille !"
je retourne à table (je suis docile parfois); je m'assied.
moi :
"- je reviens mais ne me parle plus, sinon je repars. (je suis un peu... euh... un peu puérile parfois)
- arrête avec ton chantage. si tu continue, je t'envoie chez ton père !" (oh, ça c'est très malin ! bravo maman !)
fin. silence. j'ai mangé ma tomate, une tranche de pain, deux cuillères de semoule. contente ?! je ne supporte plus de manger devant elle, j'ai l'impression qu'
elle se réjouit intérieurement de me voir manger, un petit rire intérieur "c'est bien ma fille, tu manges, héhé, mange encore, héhé".
*
mais,
je l'aime ma mère. trop. une relation conflionnelle, fusictuelle ! (conflictuelle-fusionnelle).
nous sommes trop proches, mais en même temps, il y a trop de non-dits entre nous. elle n'ose pas me parler, j'aimerais savoir qui elle est...